Célébration de la journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines

À l’occasion de la commémoration de la journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF), le ministère de la Femme, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité en collaboration avec l’Ambassade de France, l’UNICEF et l’UNFPA a organisé une rencontre de sensibilisation, ce mardi 6 Février à l’Institut Français de Côte d’Ivoire au Plateau.

Cette activité meublée par diverses allocutions, des témoignages, conférence de presse et débat avait pour objectif d’éveiller davantage les consciences dans la lutte contre les mutilations génitales féminines en Côte d’Ivoire en faisant l’état des lieux sur l’application de la Loi N° 98-757 du 23 décembre 1998 portant répression de certaines formes de violence à l’égard des femmes et qui stipule en son article 2 : « Quiconque commet une mutilation génitale féminine est puni d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende allant de 360 000 à 2 000 000F CFA » et de déterminer les perspectives et solutions pour garantir une lutte effective et la fin des MGF d’ici 2020 comme l’a annoncé le Président Alassane Ouattara lors du lancement de la campagne « HeForShe » le 28 novembre 2017.

Selon le Rapport Annuel de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2012, les mutilations génitales féminines touchent entre 100 à 140 millions de femmes et de filles dans le monde. En Côte d’Ivoire, l’Enquête Démographique et de Santé de 2011-2012 a indiqué une prévalence nationale autour de 38%, avec une force tendance dans certaines régions du pays. Il s’agit des régions Nord et Nord-Ouest avec un taux de 70%, de 57% à l’Ouest, 50% au Centre-Nord, 21% au Nord-Est, 20% au Centre-Est et 13% au Centre.

                 

Au cours de cette cérémonie co-parrainée par la Ministre Mariatou Koné représentée par la Directrice générale de la Femme, de la protection de l’Enfant et de la Famille et par le Ministre Sidiki Diakité de l’Intérieur et de la Sécurité, le gouvernement a réaffirmé son engagement à œuvrer avec tous les acteurs (politiques, partenaires au développement, société civile, avocats, magistrats,…) pour qu’en 2020, l’on ne parle plus de Mutilations Génitales Féminines en Côte d’Ivoire.

Des actions de sensibilisation de haut niveau et de masse sont prévues à cet effet durant tout le mois de février, dans la ville d’Abidjan et dans plusieurs régions de l’intérieur du pays. Aussi, le gouvernement invite tous les acteurs à s’engager davantage dans la lutte et une plus grande participation des chefs traditionnels et des leaders religieux.

Invitée d’honneur de la cérémonie, l’écrivaine Aminata Traoré a crié sa douleur face à ce phénomène dont elle a été victime à l’âge de 8 ans. Elle a donc fait de la lutte contre l’excision le « combat de sa vie » et a écrit sa propre histoire dans l’ouvrage « Le couteau brulant ». En 2015, elle a également animé des conférences dans des lycées et collèges pour sensibiliser les jeunes filles. 

Magloire N’Dehi

 

 

 

 

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